Je sais ce que je vaux.
Je sais où je vais.
Mais apparemment, d'autres en ont décidé autrement.
A 16 ans, on est donc pas assez grand pour prendre des décisions seuls?
Il est vrai que sur certains points, nous avons besoin d'avis, de conseils, voire d'interdictions. Mais quand une chose vous anime, une chose indispensable à votre vie, a-t'on le droit de briser vos rêves?
Je vis par et pour la Musique. Elle est la seule chose qui me donne envie de me lever le matin, la seule chose qui me fait tout oublier, ou, au contraire, me souvenir...
Quand on me demande quelle sont mes passions, jamais je ne réponds "la Musique", car elle n'est pas ma passion mais ma Vie.
Alors aujourd'hui,
Je demande le droit d'exister.
Je demande le droit d'être pleinement heureuse et épanouie.
Je vous demande le droit d'être reconnue pour l'Art, et pas pointée du doigt comme une imbécile ou une paresseuse parce-que j'échoue dans tout ce qui compte à leurs yeux...
Qu'est-ce-que ça leur coûte de me donner une chance?
De m'ouvrir la porte de la cage?
De me confier les clefs de ma propre existence?
"Pas assez de rigueur"? Mais sur quoi se basent-ils?
Sur des DNS bâclés, un travail en dents de scie?
Si seulement ils me voyaient, le soir, après une journée éprouvante, me rendre au(x) cours...
Si ils me voyaient quand, tard dans la nuit, j'achève mes devoirs ou mes révisions pour le lendemain...
Si ils me voyaient quand, après ça, bien loin de me coucher, je prends mon vieux synthé en plastique qui ne marche même plus, je bouche ma flûte, ou (et) je lave la mèche de mon archet à l'eau de Cologne pour ne faire aucun bruit, et je travaille...1 heure, deux heures, trois heures...
Jamais ça ne m'a coûté. Jamais.
Et le matin, quand j'arrive au Lycée, je m'entends demander si j'ai fumé un joint, parce-que je n'en peux plus et que j'ai des yeux ronds comme des billes...
Quand il n'y a plus de craie, de feutres, de cahier de textes...ils râlent, crient, s'énervent.
Quand la lumière est coupée, qu'il n'y a plus de télé, d'électricité, même chose.
Et moi, je travaille dans le noir ou avec une bougie, sans le son, l'essence même de mon Art.
Et je ne dis rien.
Je ne proteste pas.
Je me tais.
J'écrase.
Je m'en contrebalance.
Une personne...n'y en-a-t'il qu'une qui me comprenne?
Frau D===>Merci. <3
